JEUX DE SABLE - version Lulu

 Après plusieurs jours de dérive dans la montagne péruvienne (au milieu de villages n'apparaissant pas sur les cartes), nous rentrons par un plateau à 4500m.

Large piste de sable dur, quelques passages de rivières et paysages immenses où je me laisse doucement aller à la rêverie, quand soudain, la roue avant se dérobe. Pouah, du sable mou! Peu testé jusque présent et ce n' est jamais très rassurant mais... oh bonheur, la roue avant raccroche! Pfff, ce fut juste...

Bon tant pis, adieu les vertes montagnes, concentration sur la route oblige: au loin d'autres plaques de sable bien mou se profilent. Et hop, une deuxième,une troisième et encore une de passée! Enfin, je commence à m'y faire... Ah bah tout de même, je vais finir par le trouver le truc !D ailleurs, la fiche numéro 1 du manuel tout terrain de maître Fred dit bien : "Ne jamais s'affoler quand la moto bouge tout ce qu'elle peut, c'est normal."

Bon là, elle louvoie franchement beaucoup, voyons voir la fiche numéro 2 : "Dans le sable, quand tout va mal, gazzzzzz!!!!". Bon :-/... et ben... gazzz alors!!!!! Et là... Pif paf badaboum !

J'ai chu.

A priori le sable mou ne fait pas mal, sauf lorsqu'après un joli tonneau un DR vous retombe dessus et que vous vous trouvez coincée sous la roue arrière.

Sans conteste, je préfère la boue !

JEUX DE SABLE - version Fred

 

Après les gués, du sable mou. On en a déjà eu, de temps en temps. Cette fois c'est du sable noir agrémenté de graviers biens ronds. A perte de vue. Une ligne droite d'au moins 2 km pour commencer.

Des traces de passage de 4x4 ou de camion et des bosses qui ajoutent un relief quasi invisible dont on se passerait bien. Impossible de voir venir les zones de plus-mou ou de très-mou. Bon, il faut se lancer. Ca bouge, de l'avant, de l'arrière, sans prévenir. Surtout ne pas lacher les gaz, il faut "surfer". Facile à dire. A cette altitude, le moteur répond trés mollement. En tout cas, malgré le brouillard je n'ai plus froid, avec une telle quantité d'adrénaline dans le sang ! Bon ça tient mais à 70-80km/h, en dessous c'est la salsa !

Il est temps de jeter un coup d'oeil dans le rétro pour voir comment se débrouille Lulu. Elle ne doit pas être à la fête, mais à chaque fois que je m'imquiète, elle trouve ça facile, genre "ça bougeait toi ?".
Plus rien dans le retro, aïe aïe aïe, cette fois c'est mauvais. Je pense sérieusement à une gamelle et ici et maintenant ça peut faire mal. Je pile, enfin je freine le plus possible, il me faut bien 100m pour m'arrêter, dans un désordre tout juste contrôlé. Je peux enfin me retourner et mieux voir. J'aperçois des formes à terre qui ne laissent aucun doute : Lulu a chuté. Je refoule mon angoisse et m'oblige à rester concentré : le demi-tour est ardu et faire tomber la moto, que je ne peux pas relever seul avec son chargement, serait la pire chose à faire maintenant. Je parviens à relancer la moto, fonce autant que possible et stoppe à 10m de Lulu, apparemment coincée à plat ventre sous la moto, laquelle se présente à moi les roues en premier. La moto a donc fait un tonneau qu'elle a fini sur le dos de Lulu. Visiblement une chute à bonne vitesse. Les secondes trop longues tout à l'heure sont suffisantes pour me faire imaginer de très mauvais scénarios. Un "Ça va, ça va" me soulage un peu mais je n'y crois qu'à moitié. Je soulève la moto et Lulu se dégage toute seule. Elle est furieuse et cherche à comprendre ce qu'elle a mal fait. Ouf, voilà qui est bon signe !

Apparemment pas de casse du côté de la moto, elle démarre. Il nous reste à essayer de retrouver dans le sable les morceaux de la visière du casque et à reprendre la piste, le brouillard est toujours là, il va bientôt faire nuit et il reste bien 2h avant de trouver un hotel...